Le vignoble en Île-de-France

 

Comme les grands vignobles de la Bourgogne, de la Champagne, de la Loire ou de la Vallée du Rhône, l’Île-de-France a porté dans le passé un des plus importants vignobles de France.

 

C’est au Moyen-âge, avec le travail des moines, notamment dans les abbayes de Saint-Denis et de Saint-Germain-des-Prés, que ce vignoble voit le jour. Il prospère. Le vin devient un produit élitiste servi sur la table des rois de France. Durant plus de mille ans, la vigne a recouvert des surfaces toujours plus grandes pour atteindre 42 000 hectares au 19ème siècle (source : Gilles Ragache « Vignobles d’Île de France – deux siècles de viticulture »), une surface deux fois supérieure à celle de la Bourgogne.

Le vignoble d’Île-de-France devient le plus grand de France, offrant de beaux revenus aux populations d’Île-de-France et structurant la région.

 

Dès la fin du 18ème siècle, une multitude de facteurs vont se combiner pour engager un fort et rapide mouvement de recul de la vigne. Le phylloxéra, l’obligation faite de l’épandage des boues nauséabondes de la ville de Paris font chuter la qualité des vins parisiens. L’arrivée du train et des vins du sud de la France, trois conflits guerriers majeurs en moins d’un siècle et une urbanisation galopante contribuent aussi au déclin du vignoble francilien

 

Avec seulement 1 000 hectares en 1920, les années 1930-1950 verront la région perdre ses derniers pieds et son droit administratif à commercialiser le vin produit sur les quelques parcelles restantes (à l’exception de la commune de Suresnes).

 

La fin du 20ème siècle marque le renouveau de la vigne en Île-de-France. Malgré l’interdiction de vendre la production, le nombre de micro parcelles replantées à l’initiative de certaines communes ne cesse d’augmenter pour atteindre environ 140 parcelles, soit quelque 11 hectares de surfaces plantées.

 

 

Le vignoble de Guérard

 

A Guérard, dès juin 1232, on retrouve la trace de productions de vins consignés dans le cartulaire (inventaire du clergé) de l’abbaye de Pont-aux-Dames en quantité importante. Il y est fait état de dons à hauteur de 3 000 litres par an.

 

Sous Louis XV, la carte Trudaine, établie en 1741, souligne la forte implantation de la vigne à Guérard, le long de l’actuelle D934, voie d’accès directe sur les portes de Paris.

 

Les coteaux privilégiés étaient situés à Monthérand, « les Terres blanches », et au Charnoy, « les Hautes Vignes » ou « les Mortbouts », selon le plan d’intendance de Louis XVI établi dès 1787 pour la commune. Tout le village vivait de la vigne et du vin. L’effigie de Bacchus sur le frontispice de la Mairie ou l’église Saint-Georges de Guérard, avec ses chapiteaux ornés de feuilles et de grappes de raisins, en sont des témoignages.

 

En 1803, il est souligné que les vins blancs de Guérard « se vendoient bien sur les marchés de Paris et de Meaux comme vin de Chablis ».

 

Avec ses 400 hectares de vignes plantées sur ses coteaux descendant en fortes pentes sur les rives du Grand Morin, Guérard produisait vers 1845 (formulaire E. Quillet) quelques 150 à 200 hectolitres de vins et faisait vivre une commune de 3 000 habitants, qui basculera à moins de 700 âmes après l’arrivée du Phylloxera.  

 

La croix Saint-Marc adossée au pignon d’une maison de Monthérand témoigne ainsi de la prolifération du phylloxera en Île-de-France et signera la fin de la vigne à Guérard en 1893.